Jean-Charles

LA CHAIR DU PAPIER
 

La série " Portraits des Lumières", en 2005 traduisait le vœu séduisant de «revisiter» 
l'art du portrait, où l'imaginaire se déployait à la lisière de l'Histoire. 
Portraits improbables sans doute, mais surtout cheminement poétique 
où les œuvres d’origine, 
issues des collections publiques et privées de Lorraine n’étaient que prétexte
 à une aventure graphique ...
En 2007, douze portraits d’anonymes puisés dans des archives photographiques 
allaient nourrir un nouveau " détournement graphique" en donnant corps à la série 
de dessins à l’encre sur papiers marouflés intitulée " Portraits Mémoire ".

 


Portrait des Lumières - Louis-Ferdinand de Nesle, dit "Gervais" (1703-1756)
Monotype et encre sur papiers marouflés - 2005 - 70 x 95  cm- D'après gravure (B.M. de Nancy)

TAILLANDIER
La Chair du papier
Introduction...
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A propos de Chair de papier 

Le texte de Raymond Oillet :

 

J’étais présent il y a quelques jours au vernissage de la nouvelle exposition des travaux de Jean-Charles Taillandier à Pont-à-Mousson (1) et je me sens poussé aujourd’hui à confier mes impressions, un propos qui va rejoindre ...  suite 

 

" La Chair du papier" est une suite inédite  d’œuvres marouflées sur papier, sur un prétexte, cette fois-ci, de 3 gravures à l’eau-forte de Claude Jacquard  (1686-1736) conservées à la Bibliothèque Municipale de Nancy. La source d’inspiration iconographique s’élargit du visage humain au portrait en pied, aux personnages du peuple de Nancy d’alors (nobles, cavaliers, religieux, enfants, porteuses de linge…). 

La démarche plastique est double : d’abord un travail d’analyse et de déconstruction qui fouille au cœur de l’image source, afin ensuite d’en nourrir mon propre imaginaire par les langages plastique de la gravure sur bois et de la peinture.
Quel sens ma propre subjectivité peut-elle donner à une portion d’image gravée à Nancy par Jacquard en 1736 ? Comment  peut-elle aujourd’hui se réapproprier cette image ? Il convient de délaisser les outils de l’historien,  de faire en sorte que l'image renoue avec le territoire de l’intime :  se délester du passé et puis se fondre dans un univers poétique et plastique éloigné de l’Histoire… Oublier l’apparence et le décor pour privilégier l’acte pur du dessin…


Claude Jacquard (1686-1736) - Le Temple de l’Hymen
Gravure à l'eau-forte et burin (B.M. de Nancy, avec son autorisation)

Parmi les 3 gravures qui m’ont inspiré ce travail de « déconstruction », il en est une, gravée par Jacquard en 1736, l’année de sa mort. Elle présente la structure éphémère baptisée Le Temple de l’hymen, élevée à l’occasion du mariage du duc François III avec l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche. 
Le bas de l’image est étonnant. Il décrit un foisonnement de personnages savamment mis en scène, représentation vraisemblable du peuple de Nancy dans tout sa diversité d’alors (nobles, cavaliers, mendiants, femmes portant linge ou victuailles, ecclésiastiques, enfants, etc…) et qui contraste avec le motif allégorique du décor.
Par-delà le décalage temporel et stylistique, j’ai été intrigué par le souci méticuleux qu’a pris Jacquard à graver les figurants de l’avant-scène comme si ce thème le motivait plus que l’ornementation architecturale de l’arrière-plan.

Je me suis plongé dans cette étroite bande horizontale d’humanité, miroir grossissant de l’acte créateur de Jacquard.
Il y a sans doute quelque chose de cannibale dans cette démarche de métamorphose. J’y ai projeté ma vision et mon imaginaire, rassemblant mes propres fragments épars… 

Jean-Charles Taillandier (11/2008)


Extraits des planches gravées sur bois

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LA CHAIR DU PAPIER

La série " Portraits des Lumières", en 2005 traduisait le vœu séduisant de «revisiter» l'art du portrait, 
où l'imaginaire se déployait à la lisière de l'Histoire. Portraits improbables sans doute, mais surtout cheminement poétique où les œuvres d’origine, issues des collections publiques et privées 
de Lorraine n’étaient que prétexte à une aventure graphique ...

En 2007, douze portraits d’anonymes puisés dans des archives photographiques allaient nourrir 
un nouveau " détournement graphique" en donnant corps à la série de dessins à l’encre 
sur papiers marouflés intitulée " Portraits Mémoire ".

 



Portrait des Lumières - Louis-Ferdinand de Nesle, dit "Gervais" (1703-1756)
Monotype et encre sur papiers marouflés - 2005 - 70 x 95  cm- D'après gravure (B.M. de Nancy)

 

Sommaire  

" La Chair du papier" est une suite inédite  d’œuvres marouflées sur papier, sur un prétexte, 
cette fois-ci, de 3 gravures à l’eau-forte de Claude Jacquard  (1686-1736) conservées 
à la Bibliothèque Municipale de Nancy. La source d’inspiration iconographique s’élargit du visage 
humain au portrait en pied, aux personnages du peuple de Nancy d’alors (nobles, cavaliers, 
religieux, enfants, porteuses de linge…). 

La démarche plastique est double : d’abord un travail d’analyse et de déconstruction 
qui fouille au cœur de l’image source, afin ensuite d’en nourrir mon propre imaginaire 
par les langages plastique de la gravure sur bois et de la peinture.
Quel sens ma propre subjectivité peut-elle donner à une portion d’image gravée à Nancy 
par Jacquard en 1736 ? Comment  peut-elle aujourd’hui se réapproprier cette image ? 
Il convient de délaisser les outils de l’historien,  de faire en sorte que l'image renoue 
avec le territoire de l’intime :  se délester du passé et puis se fondre dans un univers poétique 
et plastique éloigné de l’Histoire… 
Oublier l’apparence et le décor pour privilégier l’acte pur du dessin…


Claude Jacquard (1686-1736) - Le Temple de l’Hymen
Gravure à l'eau-forte et burin (B.M. de Nancy, avec son autorisation)

Parmi les 3 gravures qui m’ont inspiré ce travail de « déconstruction », il en est une,
 gravée par Jacquard en 1736, l’année de sa mort. Elle présente la structure éphémère 
baptisée
Le Temple de l’hymen, élevée à l’occasion du mariage du duc François III 
avec l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche. 

Le bas de l’image est étonnant. Il décrit un foisonnement de personnages 
savamment mis en scène, représentation vraisemblable du peuple de Nancy 
dans tout sa diversité d’alors (nobles, cavaliers, mendiants, femmes portant linge 
ou victuailles, ecclésiastiques, enfants, etc…) et qui contraste avec le motif allégorique du décor.
  Par-delà le décalage temporel et stylistique, j’ai été intrigué par le souci méticuleux qu’a pris 
Jacquard à graver les figurants de l’avant-scène comme si ce thème le motivait plus 
que l’ornementation architecturale de l’arrière-plan.

Je me suis plongé dans cette étroite bande horizontale d’humanité, miroir grossissant 
de l’acte créateur de Jacquard.
Il y a sans doute quelque chose de cannibale dans cette démarche de métamorphose.
 J’y ai projeté ma vision et mon imaginaire, 
rassemblant mes propres fragments épars… 

Jean-Charles Taillandier (11/2008)

 


Extraits des planches gravées sur bois